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2009: une année très difficile pour les freelances IT RSS

2009: une année très difficile pour les freelances IT

Aston Carter est l'un des leaders du recrutement de consultants indépendants au niveau international. Son Manager France, Gregory Le Meur, nous livre son analyse des tendances actuelles du marché français.
 
FBC: Le marché européen de l'IT semble durement touché par la crise. Quelles sont les grandes tendances actuelles du marché français?

Les secteurs de l’industrie et de l’automobile sont particulièrement impactés par la crise. Les projets informatiques dans ces secteurs sont pour la plupart gelés ou carrément annulés dans l’attente d’une reprise.
A contrario, les secteurs de l’énergie et le secteur public ne souffrent pas de cette crise dans la mesure où ces domaines restent rentables même en période de récession.
Bilan mitigé en revanche pour le secteur bancaire qui, au regard des normes apposées par ce marché, est obligé de maintenir l’ investissement dans les projets informatiques.

FBC: La France est-elle un marché à part en Europe?


La France est  touchée comme l’ensemble du marché européen. Mais contrairement a nos collègues anglo-saxons et allemands qui l'ont ressentie des la mi 2008, nous n’avons commencé a observer une baisse d'activité qu’a partir du mois novembre.

FBC: Quelle est la situation du recrutement?


Pour le recrutement classique même si la tendance est plus au licenciement qu'au recrutement, les meilleurs profils se repositionnent toujours facilement sur le marché de l’emploi IT. Disons que les process de recrutement sont plus longs (plus d’entretiens, qualifications plus pointues) car les clients cherchent la perle rare et prennent leur temps.

FBC : Le marche freelances suit-il le marché du recrutement classique ou au contraire évolue t'il différemment ?

Le marché freelance est de plus en plus tendu. Plusieurs projets étant en stand by ou complètement stoppés, nous remarquons que beaucoup de freelancers se retrouvent sans mission. Pour être transparents, disons qu’en en ce moment, nous pourrions envoyer 10 excellents cvs par mission comparé à 3  il y a 8-10 mois.

FBC : Pourtant on pourrait penser que « moins de recrutement classique = plus de recrutement freelance » ?

Tout est une question de prise de risque et de visibilité sur les projets à venir. Il y a des opportunités lorsque le client a des objectifs projet à court terme qui ne nécessitent pas de recrutement, ou lorsqu’il se positionne dans une stratégie prudente et ne veut pas s’engager dans du recrutement classique.

FBC : Alors « moins de recrutement classique = moins de recrutement freelance ? » :
Les sociétés de conseil, face à une pénurie de projet, se retrouvent à gérer beaucoup de collaborateurs en inter-contrat. Il recrutent moins car il faut en priorité placer les ressources internes.
Et bien évidemment la sous-traitance est la première à être touchée lorsqu’ il y a une baisse de croissance.
 
FBC : Les taux ont-ils subit une certaine pression ?
 
Oui, c’est un fait, les clients ayant restreint leur budget sous-traitance, les tarifications journalières des consultants sont directement impactées. Nous relevons une baisse des taux de 5 à 10 %

FBC : Quelles technos sont les plus recherchées en ce moment ?
 
Les profils expérimentés, experts en NTIC, ERP et Infra.
 
FBC : De nombreux freelances ont déjà traversé une première crise (années 2000) et redoutent particulièrement celle-ci.
Pour vous les situations sont-elles réellement similaires?


Je pense qu’il est trop tôt en France pour comparer ces 2 périodes. De plus en 2000 il y avait beaucoup moins de Freelances, le marché n'etait pas aussi developpé qu'aujourd'hui.

FBC: Observez-vous des changements de comportement  chez certains consultants indépendants?
 
Les missions longue durée sont clairement privilégiées.
Et certains freelances, se retrouvant sans mission, décident d'intégrer des structures en CDI. Je trouve cela assez judicieux: les indépendants sont seniors et s'adaptent très facilement dans de nouveaux environnements. Ils ont une forte valeur ajoutée pour une entreprise.
Le seul point noir est la baisse de salaire annuel et bien sûr la liberté de choisir ses projets...
 
FBC: Quel est le positionnement exact d’Aston Carter ?

 
Nous sommes un cabinet de placement de consultants indépendants et de recrutement spécialisé dans l'informatique.
Nos divisions permanent (CDI) et contract sont organisées de la même manière par technologies : ERP (SAP- Oracle - CRM - Décisionnel ) / Développement / Infrastructure /Finance).
Nous avons un large panel de clients dans différents secteurs d'activité (Consumer goods, Pharmaceutical, Industry, Conseil, Telecom, Utilities...).
Ces 2 atouts nous permettent de bien qualifier les candidats. Et surtout de déterminer le type de structure et l’opportunité la plus adaptée à leurs profils et à leurs attentes.
 
Je souhaite preciser que je peux comprendre certaines réactions de freelances, qualifiant les brokers de « charlatans ». Mais je peux vous dire que la situation, de plus en plus dure, va purifier le marché et améliorer la qualité et le sérieux des recruteurs. En ce qui nous concerne, notre branche freelance essaye de construire un partenariat long terme avec les consultants en leur trouvant des missions intéressantes au taux souhaité. Nous leur faisons également une avance de trésorerie en les payant tous les débuts de mois.

FBC: Quels conseils donneriez-vous aux freelances pour passer cette période difficile le plus sereinement possible?
 
- Restez bien au chaud et tentez d'étendre votre mission (quitte à baisser légèrement son taux)
- Prenez le temps de vous spécialiser sur certaines technos niches
- Soyez plus mobile car la mobilité reste le principal atout en temps de crise
- Intégrez éventuellement un client final ou SSII en CDI (intéressant pour se re-former)
- Et surtout…restez en contact avec les recruteurs !


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Aston Carter

 
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